Ce que nous proposons

1. Porter une parole collective

Diffuser un tribune sur les droits des artistes dans les espaces numériques et faire face au développement de l’intelligence artificielle.

Cette tribune a pour objectif de rendre visibles les tensions entre la création artistique en Polynésie et l’utilisation sans cadre ni limites de l’IA par tout un chacun. Il s’agit de formuler des principes communs autour de l’autonomie créative, de la souveraineté culturelle, de la reconnaissance du travail artistique et de la préservation des espaces de création et de transmission.

Nous proposons sa signature par les artistes et acteurs culturels du territoire afin de constituer un support de dialogue avec les institutions, les acteurs du numérique et le public.

2. Revaloriser l’Humain et le processus créatif en créant des espaces de rencontre et de création

Multiplier les opportunités d’échanges afin de rendre visible et de revaloriser le temps de l’artiste, le processus créatif, les rencontres désintéressées et la transmission des savoir-faire.

Il s’agirait de développer des formats permettant aux artistes de partager leurs pratiques, leurs recherches, leurs savoir-faire et leurs questionnements : rencontres, ateliers, résidences, performances, témoignages, interventions scolaires, échanges entre disciplines et entre générations.

Ces espaces auraient également pour fonction de lutter contre l’isolement des artistes, de favoriser la transmission et de redonner une place au temps long, à l’expérimentation, au doute et à l’échange dans les processus de création.

Ils ne seront pas nécessairement sédentaires. Il nous appartient de créer ces instants, ces espaces, là où nous décidons de les faire appartenir. Ils ne seront pas non plus propres à la Polynésie française. Une réflexion commune sur ces différents sujets peut être introduite avec toute l’Océanie. Tant sur l’aspect culturel, artistique, social que écologique de cette tribune.

3. Forger l’esprit critique et transmettre le geste créatif.

Il s’agit ici de proposer à nos enfants de sortir de leurs écrans et de la pensée prête à consommer pour leur transmettre l’envie de raisonner par eux-même. S’affirmer en acceptant les points de vue divergents, qu’ils voient le monde autrement que dans la polarité des expressions.

De les sortir du voyeurisme cynique en leur offrant une culture qui crie leur nom. Pour qu’ils se rendent à l’évidence que cette culture est leur, que ce cri n’est autre que l’écho de la révolution.

Les enfants sont de moins en moins incités à prendre un crayon pour écrire ou dessiner pour le plaisir, pour exprimer leurs pensées intimes, fantasques ou profondes. Plus de carnets intimes, plus de correspondants, plus de carte postale pour les taties ou les grand parents.

Il est appris à nos enfants à désirer toujours plus : plus de couleurs, plus de sons, plus de vitesse. L’intelligence artificielle contribue grandement à cette éducation de consommation opulente. L’ennui, nécessaire à la création et à l’expérimentation, est traité comme un ennemi à bannir de nos foyers. Sensibilisons la jeunesse aux enjeux du monde qui les entoure, à regarder avec émerveillement l’environnement qui les berce, à accueillir la sobriété du silence, à être fier de quelque chose qu’ils auront créé, sans chercher à vendre ni à prouver.

« Pour assurer la continuité [culturelle], il faut que le Polynésien se mette à écrire… Peu importe que ce soit en reo mā’ohi, en français ou en anglais, l’important est qu’il s’exprime. » Henri Hiro, extrait de Pehepehe i tā’u nūnaa (édition Haere Pō)

 4. Mobiliser les institutions

« Un peuple sans culture est un peuple sans âme. Et un peuple sans âme est un peuple qui meurt. Notre culture, c’est notre racine, c’est ce qui nous tient debout face au monde. » Henri Hiro

Obtenir un soutien institutionnel pour expérimenter et mettre en œuvre les actions proposées par le collectif.

Les propositions issues des ateliers nécessitent, pour certaines, des moyens matériels, financiers et humains qui dépassent les capacités d’un collectif informel. Il s’agira donc d’ouvrir un dialogue avec les institutions et les acteurs concernés afin d’identifier les dispositifs existants, de faire évoluer ceux qui ne répondent plus aux besoins des artistes et, lorsque cela est nécessaire, de construire de nouveaux dispositifs.

Cette démarche pourrait notamment porter sur les lieux de création et de transmission, les modalités de financement, la reconnaissance du temps et du processus artistique, l’accès à l’information et aux droits, les échanges régionaux et internationaux et le développement de l’éducation artistique et numérique.

Relier, transmettre, faire lumière et ouvrir les chemins de la création